Vous venez de subir une intrusion, ou vous voulez simplement dissuader. Installer des caméras semble évident. Sauf qu’entre le moment où l’idée germe et celui où les images sont exploitables légalement, il y a un cadre réglementaire précis — et des erreurs qui peuvent coûter cher.
La réglementation de la vidéosurveillance en entreprise repose sur deux piliers : le code de la sécurité intérieure d’un côté, le RGPD et les règles de la CNIL de l’autre. Pour les entreprises alsaciennes que nous accompagnons, de Strasbourg à Sélestat, la question revient constamment : que peut-on filmer, où, et à quelles conditions ? Faisons le point, simplement.
Vidéoprotection ou vidéosurveillance : deux régimes distincts
Première subtilité, souvent ignorée : le droit distingue les caméras selon le lieu qu’elles filment. Dans un espace ouvert au public — un commerce, un hall d’accueil, un parking accessible aux visiteurs — on parle de vidéoprotection, encadrée par le code de la sécurité intérieure. Dans les zones réservées aux salariés — entrepôt, bureaux, réserve — on parle de vidéosurveillance, soumise au RGPD.
Pourquoi c’est important ? Parce que les démarches ne sont pas les mêmes. Un même bâtiment peut d’ailleurs relever des deux régimes à la fois : la surface de vente d’un commerce d’un côté, sa réserve de l’autre. C’est l’une des premières choses qu’un installateur sérieux cartographie lors de sa visite.
Avant tout : définir la finalité, et s’y tenir
Une caméra ne s’installe pas « au cas où ». Le dispositif doit répondre à un objectif précis et légitime : protéger les biens et les personnes, sécuriser des zones sensibles, dissuader les intrusions. Cette finalité conditionne tout le reste — l’emplacement des caméras, les angles de vue, la durée de conservation.
Une caméra bien placée répond à une question simple : quel risque suis-je en train de couvrir ? Si la réponse est floue, l’emplacement l’est aussi.
Le principe directeur s’appelle la proportionnalité. Le dispositif doit être adapté au risque réel, sans excès. Filmer l’entrée d’un entrepôt qui a subi des vols : légitime. Orienter une caméra vers le bureau d’un salarié pour suivre son activité : interdit.
Les démarches selon vos locaux
Pour les zones ouvertes au public, une autorisation préfectorale est nécessaire avant l’installation. Le dossier précise le nombre de caméras, leur emplacement et la finalité du dispositif. L’autorisation est délivrée pour une durée limitée, à renouveler.
Pour les zones internes, pas d’autorisation préfectorale — mais le RGPD s’applique pleinement : le dispositif doit être inscrit au registre des traitements de l’entreprise, et une analyse d’impact peut être requise selon l’ampleur du système. Dans les deux cas, la CNIL peut contrôler, et les sanctions en cas de manquement ne sont pas symboliques.
Vos salariés : information individuelle et consultation du CSE
C’est le volet le plus souvent négligé — et le plus risqué juridiquement. Avant d’installer des caméras dans l’entreprise, le comité social et économique doit être consulté. Chaque salarié doit ensuite être informé individuellement du dispositif : finalité, zones filmées, durée de conservation, droits d’accès.
Et sur place ? Des panneaux visibles doivent signaler la présence des caméras, tant pour les salariés que pour les visiteurs. Un dispositif caché, même partiellement, expose l’employeur : les images perdent leur valeur de preuve et l’entreprise s’expose à des sanctions.

Ce que vos caméras n’ont pas le droit de filmer
La règle est constante : on filme des lieux et des flux, pas des personnes en continu. Sont exclus de tout champ de caméra : les postes de travail en surveillance permanente, les zones de pause et de repos, les toilettes et vestiaires, les locaux syndicaux et leur accès. Une caméra d’entrepôt qui balaie au passage le bureau du magasinier ? C’est déjà un problème.
Là encore, le positionnement fait tout. Un professionnel expérimenté sait orienter les caméras pour couvrir les accès et les zones de stockage sans empiéter sur l’espace de travail des équipes — un équilibre technique autant que juridique.
Conservation des images et accès : les bonnes pratiques
Combien de temps garder les enregistrements ? En règle générale, la durée de conservation ne doit pas excéder trente jours. Dans la pratique, quelques jours suffisent le plus souvent : si un incident survient, il est constaté rapidement, et les images utiles sont alors extraites et conservées le temps de la procédure.
Quant à l’accès aux images, il doit être strictement encadré : seules les personnes habilitées et formées peuvent les visionner, et chaque consultation doit pouvoir être justifiée. Un système bien administré tient un registre de ces accès — un point que les contrôles vérifient en priorité.
Faire installer son système : pourquoi passer par un professionnel
On trouve aujourd’hui des caméras à tous les prix, et l’installation « maison » peut sembler tentante. Le risque ne se voit pas tout de suite : un dispositif mal positionné, mal déclaré ou mal paramétré peut se retourner contre l’entreprise le jour où elle en a le plus besoin — images inexploitables en justice, mise en demeure de la CNIL, contentieux avec un salarié.
Un spécialiste de la sécurité électronique en Alsace prend en charge l’ensemble : audit des locaux, cartographie des zones, choix du matériel, paramétrage des durées de conservation, accompagnement sur les démarches et la signalétique. Chez Securis, entreprise familiale implantée à Reichstett, cette expertise se double d’un atout : la synergie avec nos équipes de sécurité humaine, pour une protection cohérente — caméras, alarmes, télésurveillance et agents, sous une même direction, avec un interlocuteur unique.
Et la télésurveillance dans tout ça ?
La caméra enregistre ; encore faut-il que quelqu’un réagisse. C’est tout l’intérêt de coupler la vidéosurveillance à une télésurveillance : en cas de détection — intrusion, mouvement inhabituel en dehors des horaires d’activité — une station de surveillance reçoit l’alerte, effectue une levée de doute grâce aux images, puis déclenche la réponse adaptée : appel des responsables, envoi d’un agent sur place, alerte des forces de l’ordre si l’intrusion est avérée.
Ce couplage change la nature du dispositif. Une caméra seule documente un incident après coup ; reliée à une télésurveillance, elle permet d’agir pendant. Pour un entrepôt isolé en zone d’activité, un chantier ou un commerce fermé la nuit, la différence est décisive — et c’est souvent là que se joue la valeur réelle de l’investissement.
Côté réglementation, rien ne change : les opérateurs qui visionnent les images doivent être habilités, les accès tracés, et l’information des personnes reste due. Un prestataire qui maîtrise les deux volets vous évite les angles morts, techniques comme juridiques.
Reste enfin la question du matériel : résolution suffisante pour identifier, vision nocturne, résistance aux intempéries en extérieur, stockage sécurisé des enregistrements. Là encore, le bon choix découle de l’analyse du site plutôt que du catalogue. Mieux vaut six caméras bien pensées que douze installées au hasard.
Questions fréquentes
Faut-il déclarer ses caméras à la CNIL ?
Non, la déclaration préalable auprès de la CNIL n’existe plus depuis le RGPD. En revanche, le dispositif doit figurer au registre des traitements de l’entreprise, et une autorisation préfectorale reste obligatoire pour les zones ouvertes au public. La CNIL peut contrôler la conformité à tout moment.
Combien de temps peut-on conserver les images de vidéosurveillance ?
Trente jours au maximum en règle générale. La durée doit être proportionnée à la finalité : dans la plupart des cas, quelques jours suffisent pour constater un incident. Au-delà, seules les images liées à une procédure en cours peuvent être conservées, dans un cadre distinct.
Un salarié peut-il demander à voir les images où il apparaît ?
Oui. Comme pour toute donnée personnelle, chaque personne filmée dispose d’un droit d’accès aux images la concernant, dans le respect des droits des tiers qui peuvent y figurer. L’entreprise doit être en mesure de répondre à cette demande — une raison de plus d’avoir un système bien administré.
SECURIS, le choix de la sécurité
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